L’âme libre des mots

Ecrire & lire … Des pensées qui prennent vie !

Extraits d’auteurs divers

L’homme et la mer               Charles Baudelaire

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un goufre moins amer.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :

Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes,

Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

 

Et cependant voilà des siècles innombrables

Que vous vous combattez sans pitié ni remords,

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

                       (Les fleurs du mal, Spleen et Idéal)

 

 

Tu seras un Homme, mon Fils.                  de Rudyard KIPLING (1921)

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et, sans dire un seul mot te remettre à bâtir
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir.

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre.

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter les sôts,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot.

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi.

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître
Penser, sans n’être qu’un penseur.

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant.

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front.
Si tu peux conserver ton courage et ta tête,
Quand tous les autres la perdront.

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon Fils.

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