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Le sourire à deux balles

Posté : 13 août, 2011 @ 12:55 dans Littérature | Pas de commentaires »

Quand vous avez un sourire à deux balles, cela ne signifie pas qu’il ne vaut rien du tout. Il vaut ce que vaut un sourire, ni plus ni moins. Toutefois, ce sourire à deux balles ne peut prendre sa pleine mesure, ni donner des effets extrêmes car, étant différent des autres, il se distingue par son action contradictoire… Exemples : il rassure mais pas complètement, il fait rire… mais jaune, il provoque des fous-rires… mais nous poussent aux larmes, il est attentionné mais vous rend pitoyable, il veut vous donner du courage mais vous fait sentir lâche… et j’en passe.

Parmi les sourires à deux balles, il y a : le sourire qui a égaré quelques habitants émaillés, le sourire en biais qui ne sait quel camp choisir, celui qui se force à être poli ou celui que l’on offre avec l’envie d’être payé. Il y a aussi surtout celui qui soutient l’exact contraire de ce que le reste de votre visage avance. Discordance frappante, hypocrisie sans rigueur, pauvre comédie…

D’autres sourires encore seront taxés du complément « à deux balles : les sourires hollywoodiens à la pointe de la blancheur et de la régularité, ou ceux des filles des publicités pour les dentifrices. Leurs dents sont si bien maquillées et éclairées que leurs sourires vous éclaboussent d’un éclat surnaturel, faisant sans doute ressurgir nos vieux complexes… mais ne nous y trompons pas, rares sont les sourires parfaits, plus nombreux sont les sourires refaits et surfaits ! Merci « Botox », « émail diamant » et bicarbonate !

Il reste enfin le sourire « même pas à deux balles », celui qui n’a plus de lèvres ou plus de dents ou celui qu’arborait fièrement Jacquouille la fripouille dont le pourrissement dentaire laissait au bord d’une drôle de nausée ; ou bien encore le sourire aux dents tordues, plus serrées que les sardines dans leur conserve de métal… Lèvres scellées à jamais cachant une irrégularité extravagante, un positionnement dentaire anarchique qu’aucun appareillage n’a pu sauver ! Celui-ci gâche tout un visage et déforme toute belle intention. Il provoque le dégoût ou l’horreur, l’hilarité ou la raillerie. Il vous prive même d’une part de vous-même en vous empêchant parfois d’aller au bout de votre joie, au bout de votre gentillesse. Il vous empêcherait presque d’être vous-même le bougre ! Il vous contraint, vous oblige, vous pousse au rictus figés, aux éclats de rires intérieurs, à la façade définitivement crispée ! Sale gosse des photos de famille, récurrente apparence d’expressivité limitée, régulière lippe forcée, arc de gaieté avorté…Zut ! Qu’on nous donne un dentier et qu’on n’en parle plus !

 

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